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OMC: Nouveau round de négociations à Genève

 

4 jours, chrono en main. C’est le temps dont disposent les négociateurs conduits pas les ministres du commerce des 164 pays membres de l’OMC réunis depuis hier dimanche à Genève en Suisse. La Directrice générale de l’Organisation Mondiale du Commerce, Mme Ngonzi Okonjo-Iweala, a appelé les délégués à relever le défi de prendre les décisions courageuses pour prouver que « le multilatéralisme marche ».

Ce sont 2000 délégués, plusieurs dizaines de représentants de la société civile ainsi que de journalistes qui prennent part à cette 12ème conférence ministérielle de l’OMC. Cela faisait près de cinq ans que cette rencontre trisannuelle n’avait pu se tenir, du fait de la crise sanitaire de Covid 19. Au menu de leurs quatre jours de discussions, du 12 au 15 juin dans la capitale helvétique, de nombreux défis concernant les règles commerciales internationales. Il y sera question, entre autres, de la surpêche et des politiques agricoles, mais aussi de la question de la suspension des brevets sur les vaccins contre la Covid 19. Si sur quelques-uns de ces dossiers les négociations sont parties d’un bon pied, certaines coincent encore comme celles sur la surpêche. La directrice générale de l’OMC, rencontrant la presse quelques heures avant l’ouverture de la rencontre s’est montrée optimiste. « Je veux croire que nous allons avoir des avancées et même conclure sur certains points de nos discussions. Hier encore nous n’avions même pas de texte sur la table et aujourd’hui, les négociations sont en cours. C’est vous dire combien les pays représentés sont déterminés à faire bouger les lignes. Je leur en suis reconnaissante », a-t-elle déclaré. « Jusqu’à la dernière minute, s’il le faut, nous allons discuter pour que nous prenions ici des décisions politiques courageuses » a-t-elle assuré.

changer l’image de l’OMC

En affichant un optimisme volontaire, c’est à un véritable exercice de séduction que se livre la « directrice d’à peine 15 mois » comme elle s’est décrite elle-même lors de la cérémonie d’ouverture. « Je voudrais être celle qui annoncera mercredi que nous avons pu conclure sur les sujets qui sont sur notre table de négociations », disait-elle, quelques heures après avoir espéré « qu’un ou deux accords » soient conclus lors de la rencontre. « Pour moi, ce sera déjà un succès, car nous venons de loin ». En dehors des accords commerciaux, la réforme de l’organisation elle-même sera évoquée. Mal connue et surtout avec un rôle pas très compris du public, elle soulève de nombreuses critiques, en particulier de la part des ONGs. Celles-ci lui reprochent surtout les longs rounds de négociation infructueux et sa faible capacité à réguler un commerce international fortement inégalitaire. Une manifestation a d’ailleurs réuni des dizaines de personnes à la veille de la réunion, à l’initiative d’organisations paysannes. Les marcheurs ont dénoncé l’impact qu’ont selon eux des accords commerciaux de l’OMC sur les petits producteurs agricoles. Le co-président de la conférence, Timur Suleimenov, Chef de cabinet adjoint du Président du Kazakhstan a appelé les négociateurs à œuvrer à changer cette image et moderniser l’institution. Reste en effet à ce que les pays membres se mettent d’accord sur les modalités, le planning et les indicateurs de cette réorganisation, a précisé la directrice générale.

« C’est le temps d’investir dans le multilatéralisme »

C’est en tout cas le mot d’ordre des délégués qui, dans un contexte de crises mondiales résultant de la guerre en Ukraine et de tensions sécuritaires et humanitaires dans le monde, « montrer au monde que l’on peut se parler et faire des compromis » a déclaré un délégué. Des propos largement partagés, les réunions en aparté dans les couloirs de l’OMC ou dans les hôtels-sites se sont multipliées tout au long de la première journée. Elles devraient permettre de mâcher le travail des négociateurs qui ont du pain sur la planche pour rallier les intérêts et prendre des décisions dans l’intérêt des « peuples du monde », ceux pour qui l’OMC veut être reconnue comme un acteur de premier plan pour l’amélioration de leurs conditions de production et de vie.

Dédé F., envoyé spéciale

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