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Kamissa Camara : De retour à Koulouba

Après avoir été quelques mois ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale (sept 2018 à Avril 2019), elle était « descendue » à la Cité administrative pour le département de l’Economie numérique et de la prospective. La voici qui retourne dans le cercle restreint du Président IBK qui l’a nommée le 11 juin dernier Secrétaire Générale de la présidence. Une première pour une femme au Mali.

Ses illustres prédécesseurs ne rougiraient pas de la benjamine à ce poste. Car, même si elle ne peut pas encore justifier d’un parcours aussi long que les leurs au service de l’Etat, Kamissa Camara n’est pas non plus une novice dans le domaine. Des Etats Unis au Mali en passant par la France, la nouvelle SG s’est toujours démarquée par son engagement et sa connaissance des dossiers.

Née en France en 1970, elle émigre aux USA et s’installe à Washington où elle travaille à l’International Foundation for Electoral Systems (Ifes) jusqu’en juillet 2018. Elle est appelée à venir servir son pays d’origine (elle a aussi les nationalités française, de naissance, et américaine) et est nommée conseillère diplomatique du Président de la république, en remplacement de Mahamadou Nimaga, nouvel ambassadeur aux États-Unis. Trois mois plus tard, le 09 septembre, elle est propulsée au poste de ministre des Affaires étrangères.

Expérience politique

Même si, à l’époque, elle ne peut se réclamer d’une connaissance de terrain au Mali, elle n’en connait pas moins les rouages de la politique et de la chose publique. Depuis la diaspora, elle intervenait régulièrement sur les problématiques liées à la gouvernance et était souvent invitée comme experte dans les médias. Forte de ce statut, elle a conseillé la candidate démocrate Hillary Clinton sur l’Afrique, et en particulier sur le Sahel, durant la campagne présidentielle américaine de 2016. Avec son passage au ministère des Affaires étrangères, puis à celui de l’Economie numérique (nomination commentée à l’époque comme un désaveu, une rétrogradation par les commentateurs), on peut dire que « son cv s’est épaissi », comme lu dans un des nombreux articles consacrés à sa nomination.

Concrétisation

Sa nomination au Secrétariat Général de la Présidence, donc premier collaborateur direct du Chef de l’Etat au sein de son Cabinet, est une étape importante dans son cursus personnel. Mais elle marque aussi une nouvelle concrétisation de la volonté politique de mettre des jeunes cadres aux affaires. Dans un continent où l’âge semble le facteur prépondérant du leadership politique, Kirsty Coventry au Zimbabwe et Aurélie Adam Soulé Zoumarou, 35 ans, ministre du numérique et de la digitalisation de Bénin, ont défié la règle et sont montées dans la haute administration de leurs pays. La cas le plus marquant étant celui de Emma Théofelus, qui à seulement 23 ans est mars dernier, vice-ministre des technologies de l’information et de la communication. Elle est la plus jeune ministre d’Afrique.

A 40 ans, Kamissa Camara illustrera donc le défi lancé à la jeunesse malienne de prendre la relève de la génération de ses pères et de la faire avec efficacité et efficience. Tout l’enjeu est là pour Kamissa Camara. Défendre la pertinence du choix porté sur elle par une mission réussie. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Kadidatou GORO

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