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Edito: Nous étions #Charlie

 

Il y a cinq ans, le monde était frappé par la violence des attaques terroristes de Paris. Le journal satirique Charlie Hebdo voyait sa rédaction massacrée par des hommes armés. Quelques jours plus tard, un supermarché juif était pris d’assaut. Les images qui ont fait le tour des télévisions dans le monde ont montré une grande puissance, quatorze ans après le 9/11, touchée en plein cœur par la violence terroriste. 16 morts et une onde de choc qui résonne encore aujourd’hui alors que s’ouvre le procès d’une quarantaine de personnes impliquées dans ces évènements.

Au-dela des images des attaques, des morts, des rafales de mitraillettes et du sauvetage à l’hyper casher par Lassana Bathily, une autre aura bien marqué. Celle de la Place de la république noire de monde et de cette foule, immense, avec à sa tête des personnalités du monde entier pour dire leur solidarité. Applaudie ou critiquée, cette illustration du monde uni face au terrorisme, à la violence sans visage, à la mort au nom de la religion…cette photographie a depuis plutôt pâli…

Car, après les discours et les promesses d’action vigoureuse et surtout unie contre le terrorisme, on ne peut dire qu’aujourd’hui il y ait succès. Il est vrai que l’ennemi, voire les ennemis tant les engeances sont nombreuses et variées, est puissant, organisé, riche et surtout déterminé. Depuis cinq ans, les scènes d’assassinats de masse, d’attaques sanglantes ou encore de tueurs isolés se sont multipliées. En Afrique de l’Ouest mais aussi australe, en Indonésie ou encore en Australie, la lutte contre le terrorisme est le sujet, qui passe devant le développement, la santé ou même l’éducation. Les dépenses d’armement flambent mais les résultats ne sont pas là. Si, me dira-t-on ! Si nous ne faisions pas ainsi, ce serait bien pire. Certes.

Mais, la volonté des peuples à vivre en sécurité et en paix ne peut se satisfaire seulement avec les armes. Car, ce sont bien les injustices, l’inéquité, l’impunité, qui font le lit des discours et des actes haineux. Le va-t-en-guerrisme ne saurait redonner l’espoir à des jeunes sans horizons qui voient leur pays piller par des puissances à milles lieux de chez eux. Le militaire, quelque soit le nombre de puits ou de murs construits, ne peut donner l’éducation dans la quiétude à des enfants.

Le refus de l’autre, le manque d’écoute et de respect pour toutes les opinions/religions, la quête de la puissance, de l’argent…tant qu’ils resteront le moteur qui dirige ce monde, il y aura encore des Charlie-Hebdo, des Djibo, des Ogossagou, de Christchurch et tant d’autres peuples meurtris, familles brisées, vies arrachées…Et tant que notre solidarité, notre empathie, sera fonction que l’on meurt dans un de ces endroits où dans l’autre, il y aura encore des hommes et des femmes, prêts à tuer leurs frères et sœurs.

Célia d’Almeida

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