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COVID19ML : Masques locaux, la bonne alternative

Alors que l’heure est à la généralisation du port de masque dans le contexte de la pandémie Covid19, les Maliens sont en quête du fameux produit. Inaccessible pour la grande majorité, du fait de leur cout qui a été multiplié par 10 depuis le début de la pandémie, l’option en vogue est celle des masques produits localement.

Des hausses de 250 à 2500 francs CFA pour certaines catégories de masques à filtration d’air, voire la pénurie pour les masques chirurgicaux basiques. Ceux des Maliens qui veulent lutter contre le COVID 19 en se protégeant le visage ne sont pas au bout de leurs peines. Alors, la plupart se rabattent sur les caches-nez autrement appelés « anti-poussière » que l’on retrouve désormais à tous les feux rouges.

Des masques réutilisables

Heureusement, une offre locale de masques lavables est en train d’augmenter. Ils sont fabriqués avec les matériaux textiles locaux et suivant les recommandations des professionnels de santé. C’est-à-dire qu’ils empêchent le passage de flux de la personne qui les porte vers l’extérieur mais aussi de l’extérieur vers le système respiratoire de la personne. Pour s’en assurer, on peut réaliser un test facile : porter le masque préalablement lavé et désinfecté, allumer un briquet près de la bouche et tenter de l’éteindre en soufflant très fort. Si la flamme s’éteint, le masque est à recaler pour la protection anti-covid.

Sidibé Bintou Sylla, fabrique des masques en tissu bogolan. Soigneusement confectionnés dans le respect des normes.  « J’ai été voir un docteur pour lui demander s’il était possible de se protéger avec un masque en tissu qui ne sont pas jetables. Il faut juste savoir le manipuler, ne pas toucher la surface protectrice du masque avec les mains non nettoyées  et toujours le laver après utilisation», explique-t-elle. Le PR. Pascal Odou pharmacien français et enseignant à la Faculté de pharmacie de Lille rassure en effet. « Les  masques en tissu sont utilisables bien sûr pour notre protection contre cette pandémie. Les chirurgicaux sont jetables et les locaux sont lavables.  Le masque  en tissu doit être lavé systématiquement  une fois qu’il est retiré et au moins tremper dans de l’eau pendant 30 minutes à 60 degrés  pour être sur de détruire les agents contaminants. » Sidiki Touré, comptable, utilise des masques lavables locaux et en est satisfait. «Après  chaque utilisation je trempe  mon masque à l’eau de javel pour tuer les microbes et ensuite je le lave. Les masques chirurgicaux sont devenus trop chers ».

Business social

Awa Meite, styliste de renommée internationale,tout comme sa cadette Aissata Ibrahima de la marque « I parila », s’est elle aussi lancée dans la confection des masques en coton local. Mais n’en respectent pas moins les critères d’efficacité. Mme Meite en produit des dizaines chaque jour dans ses ateliers avec le désir de faire œuvre utile. « J’ai compris les gens sont tellement démunis face à cette histoire. ils préfèrent ne pas y croire pour ne pas devoir l’affronter. Ceux qui prétendaient ne pas y croire étaient les premiers à demander notre kit », explique-t-elle.

De fait, elle ne commercialise pas ses produits mais demande aux bonnes volontés des contributions pour qu’elle puisse continuer à en fabriquer et les distribuer à ceux qui en ont besoin : les commerçants ambulants ou dans les marchés, les personnes vivants dans la rue, le personnel de maison, etc…Sur de nombreuses pages sur les réseaux sociaux, on peut retrouver des masques locaux dont les prix varient entre 500 et 1000f CFA.

Ne pas oublier de toujours laver le masque avant sa première utilisation. Cela permettra d’éliminer d’éventuels germes posés pendant la confection. Et surtout, penser à ne pas le toucher quand vous le portez et de vous laver les mains régulièrement.

Mariam SANOGO

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