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Consommation : Les prix continuent de monter

De plus en plus difficile pour les ménages de faire face : la hausse des prix des denrées alimentaires, entre autres produits, s’installe et impacte négativement la vie des familles. Une situation qui est décriée de tous, y compris par les commerçants eux-mêmes.

Le pain, la viande, l’huile, le ciment… la liste s’allonge chaque jour. Sur les marchés, les prix prennent l’ascenseur depuis plusieurs mois, avec des hausses allant de 10 à 30%. La viande de bœuf est en passe de devenir inaccessible pour les moins nantis d’entre-nous. Elle est passé depuis fin janvier à 2500 f contre 2200 f précédemment pour les morceaux avec os. Drissa Sangaré, boucher, explique le pourquoi de cette augmentation. Selon lui, c’est la situation sécuritaire qui a causé une pénurie de bétail sur les marchés.  «Il n’y a même plus de bétail car on les fait venir du nord. Cela nous a tous impacté commerçants comme acheteurs. Alors nous prions pour que cette situation au nord finisse », explique-t-il.  « C’est la seule solution».

Devant l’étal du boucher justement, dame Sokona Sangaré est dans tous ses états. Elle indexe les autorités qui pour elle ne font rien pour amoindrir les souffrances des consommateurs. « Ils savent bien que c’est dû à la guerre cette hausse de prix de la viande alors qu’ils fassent quelque chose car nous n’en pouvons plus. Le Mali est un cas car quand ils augmentent une chose, cela perdure. Difficile pour nous les pauvres d’acheter de la viande », se lamente-t-elle.

Plus 50% sur l’huile!

L’autre produit dont le prix a connu une hausse importante sur les marchés, c’est bien l’huile végétale. Boubacar Konaté boutiquier affirme que « depuis le mois de novembre, le prix de l’huile a beaucoup grimpé. L’huile importée de la côte d’ivoire était à 12750 f CFA mais maintenant le prix est à 18000 FCFA. Celle fabriquée au Mali était à 11000f CFA et maintenant le prix est à 16500 f CFA. Nous avons des difficultés avec les clients car ils n’arrivent pas à nous comprendre puisque nous ne vendons plus de l’huile 50 f CFA. Le demi-litre de l’huile importé était à 400 f CFA et maintenant nous vendons à 500F CFA ; celui du Mali, le demi-litre était à 375 f CFA mais maintenant ils sont à 400f CFA».

Le pain, dont le prix a augmenté de 50, est aussi inaccessible au petit détail désormais. Les boutiquiers refusent de vendre des morceaux de 50francs, qui constituent pourtant le déjeuner de nombreux maliens, avec quelques condiments pour l’agrémenter.

La situation n’a pas échappé aux associations de consommateurs. Banou Samounou est le président du Regroupement pour la défense des droits des consommateurs au Mali (REDECOMA). Il assure que l’organisation est en discussion avec les autorités pour mitiger les prix. « Nous avons un cadre d’échanges avec le ministère du commerce. Ils sont à pied d’œuvre pour trouver des solutions à ce problème de hausse des prix », explique-t-il. Il précise cependant, que le REDECOMA n’a pas beaucoup de moyens d’actions, il ne peut « influencer les décisions de l’Etat autrement qu’à travers les plaidoyers ». En cours actuellement, celui concernant la maîtrise des prix à l’approche du mois de carême musulman. « Chaque année, on discute avec l’Etat pour qu’il contrôle les prix afin que les denrées restent accessibles », explique M. Samounou. Quant aux hausses actuelles, aucune solution n’est envisagée pour l’instant et les chefs de famille vont devoir se serrer la ceinture pour continuer à faire face à la situation. En attendant des jours meilleurs.

Mariam SANOGO1

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